"Qu’y a-t-il ?" demanda Sir Francis Cromarty .
"Je ne sais mon officier" répondit le Parsi, en prêtant l’oreille à un murmure confus qui passait sous l’épaisse ramure... Pas à pas, le petit groupe marchait sans faire de bruit. Seuls les galets de la plage pouvaient trahir la présence de nos voyageurs. Quelques instants après, ce murmure devint plus définissable. On eût dit un concert, encore fort éloigné, de voix humaines et d’instruments de cuivre... Au loin des motifs géants d’oranges et de citrons avançaient et s’élevaient dans le ciel. Passepartout était tout yeux, tout oreilles. Monsieur Fogg attendait patiemment, sans prononcer une parole...
"Plus de doute, c’est une procession" s’exclame le Parsi. La nuit, les fruits du soleil ont rendez-vous avec la lune. Le corso décrit un mouvement pendulaire. Les musiques endiablées rappellent étrangement celles entendues dans les pays traversés. Les cuivres résonnent, tournoient dans la nuit mentonnaise. Le petit groupe décida de ne pas s’approcher davantage, au grand regret de Passepartout, toujours prêt à se mêler à la fête qui battait son plein...
Peu à peu, les chants s’éteignirent. Il y eut quelques éclats de cris lointains, et enfin à tout ce tumulte succéda un profond silence.

















